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Education

Dimanche 8 octobre 2006 7 08 /10 /2006 11:56

Pour réussir la refonte de l'Université française, le secteur privé et associatif devra aider l'État


Par Claude Goasguen *.  Publié le 03 octobre 2006

Article Figaro du 3 Octobre 2006



Ce que j'en pense :

Depuis bien longtemps, la philosophie universitaire est dispenser un savoir et non un savoir faire. C'est la, je crois la différence fondamentale avec les Etats Unis. Nous sommes "fidèles" au collèges grecs ! Le savoir a une valeur en lui même et se suffit à lui même. Cette situation ne pourra perdurer avec la nécessaire augmentation des budgets de l'Université et la nécessité d'assainir les dépenses de l'Etat. Les professeurs se plaignent d'un budget trop faible; certe mais pourquoi le budget universitaire devrait il être en France uniquement du ressort de l'Etat.

Un financement par les étudiants ?
J'ai récemment lu un article de Tony Blair ( Premier ministre britanique ) qui pronait en substance les "fees" c'est à dire les côtisations des étudiant d'environ 2 000 euros par ans. L'augmentation serait historique en France ou ces même frais de scolarité sont d'a peine 200 à 300 euros.
L'augmentation des frais, je pense, ne serait pas à la hauteur du financement qu'il faudrait apporter et surtout ne pourrait peut être pas être supporté par les étudiants ne venant pas des classes plus favorisées.

Recréer le lien Entreprise-Université ?

L'Université doit aller vers les entreprises; et ne pas considérer que la professionnalisation est une tare. Les entreprises n'investissent pas assez dans l'Université car, je crois, ne percoivent pas la plus value que pourrait entrainer la favorisation de la recherche universitaire. Pourtant qu'elle soit fondamentale ou appliquée la recherche universitaire doit pouvoir s'adapter à une nécessité économique : l'innovation.

En effet les américains ont depuis bien longtemps compris l'importance de l'innovation. Au dela de l'invention (que l'on peut apparenter à la recherche qui trouve), il faut passer à l'innovation qui est l'application de cette recherche.
Exemple simple en ingénierie : les éléments finies. En eux mêmes n'ont pas d'interêt hormis d'être des calculs relativement fastidieux. Pourtant il s'agit d'une révolution ! Avec les éléments finis on peut maintenant simuler des phénomènes sur des matériaux, des calculs de résistance, de pression, de vitesses, etc.
Ceci permet à l'entreprise de gagner du temps et de l'argent dans la fabrication de maquettes et de prototypes.

Cet exemple est significatif, car ces applications ne sont pas venues des Universités mais des entreprises elles memes et des Grandes Ecoles.

[...]

Par RL - Publié dans : Education
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Lundi 6 novembre 2006 1 06 /11 /2006 19:18
Dans beaucoup de zones à forte densité de population, la pression est très importante autour des jeunes pour qu'ils se conduisent comme des rebelles. Rebellion souvent au mépris des concitoyens.(vandalisme, vol...)
Ceci pénalise plus les habitants eux même que le gouvernement qui est en réalité la cible à abattre. Il faut donc qu'au sein des lieux plus soumis à des tensions, les adultes soient présents qu'ils ne le sont.

Souvent on voit des jeunes trainer dans les rues, ceci n'est pas normal, surtout lorsqu'il sont mineurs. C'est dès la plus tendre enfance qu'il faut correctement suivre ses enfants, pour que plus agé, ils ne soient pas prédisposés à la délinquance.

Avant la réforme du bac (cela date déjà), une étude avait été faite sur les personnes entrant à l'X. Oh surprise, on pouvait les retrouver dans quelques maternelles de France. Ceci est biensûr anormal et a été corrigé plus ou moins depuis.

Cependant, la remarque reste vrai dans l'autre sens, la probabilité de devenir délinquant est plus importante dans certains établissements que d'autres.
Ces établissements doivent être l'objet d'un véritable engagement citoyen de la part :
- des parents,
- des pédagogues,
- de l'Etat.

Les parents ont tous un rôle majeur à jouer. Ce rôle est je crois plus important que les celui des deux autres. C'est donc celui-là qu'il faut absolument revoir et encourager.
Par RL - Publié dans : Education
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Vendredi 10 novembre 2006 5 10 /11 /2006 19:46

Bonjour,

Ma remarque ne concerne que les professeurs du second degré (et non les profs des écoles). Deux "races" cohabitent dans cette faune : le professeur agrégé et le certifié.

Commençons par le professeur certifié : Lui en effet, n'ayant pas l'agrégation, a un train de vie plus "difficile". Il doit à l'éducation nationale 18h de cours.
L'agrégé lui dispense 15h de cours par semaines.

J'aimerai bien savoir combien de professeurs passent 3 heures par semaines à corriger des copies. Dans mon entourage, je n'en connais pas. Non pas parce qu'ils baclent le travail, mais tout simplement, que la correction est rapide.
Les disciplines scientifiques se corrigent extrèmement rapidement. Les disciplines littéraires : cela dépend de l'investissement du prof...

En tout cas, les 35 heures que les profs effectuent ne sont pas comparables à celles d'une profession privée.

Il faut en plus comptabiliser les nombreuses décharges dans l'enseignement supérieur par exemple pour la participation à des commissions ne se réunissant même plus... Les ARE dans les établissements du secondaire ... Et les congès maladies à répétition de certains.

Je ne généralise bien sûr pas. Mais je note que les profs consciencieux ne sont pas ceux qui se plaignent !!! Et son également ceux qui voudraient bien qu'on leur accorde la possibilité de revendiquer un temps de travail dans l'établissement -pas uniquement de présence- supérieur à celui de 35h !!!

Les professeurs des écoles sont en général beaucoup plus actifs, notamment parce que la responsabilité de l'école incombe aux professeurs et non pas à une administration spécifique comme dans les collèges et lycées.

Une revalorisation doit passée par la mise à plat du travail de chacun, et actuellement certains personnels -moins studieux- de l'éducation se refusent à renoncer à leurs privilèges...


Par RL - Publié dans : Education
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Lundi 22 janvier 2007 1 22 /01 /2007 18:27

La France est-elle en train de perdre la bataille de l’intelligence ?

 

François Fillon : Non, mais elle n’est pas en train de la gagner. J’ai beaucoup apprécié le livre de Claude Allègre (Vous avez dit matière grise, Plon). Son appréciation de notre système d’enseignement supérieur est honnête et rigoureuse, il en décrit les qualités tout en ayant un regard sans concession sur ses faiblesses. A partir de cet ouvrage, nous pourrions construire une sorte de pacte entre la droite et la gauche, sur une durée de dix ans, pour redonner à l’université et à la recherche les moyens dont elles ont besoin. La gauche a commis des erreurs sérieuses avec la loi Savary [loi sur l’enseignement supérieur de 1984], la droite a fait supporter à l’université des économies dont elle aurait dû être exonérée.

Claude Allègre : Il faut tirer la sonnette d’alarme sur un point : des élèves parmi les plus brillants ne veulent plus être professeurs d’université en France _ c’est également vrai en Allemagne, en Italie ou aux Pays-Bas. Ils partent massivement aux Etats-Unis. Certains font leur thèse en France, mais partent ensuite là-bas, ce qui signifie que la France finance des formations dont elle ne tire pas bénéfice. Nous devons donc payer davantage les enseignants du supérieur. Est-il normal qu’après 12 ans d’études, dont deux aux Etats-Unis, ils ne gagnent que 1 500 euros par mois ? Cela conduit d’ailleurs à une féminisation du métier _ excusez ce raisonnement politiquement incorrect _ car les femmes se contentent plus facilement de ces faibles rémunérations. La deuxième cause de cet exil est philosophique : en France, se développe une méfiance vis-à-vis de la science dont le refus des OGM est le symbole. Les Australiens cultivent des vignes sans pesticide, et je parie que, bientôt, les Américains n’achèteront que du vin issu de ces plants. Nous devons combattre le sentiment anti-science !

Quels instruments utiliser dans cette bataille ?

 

F. F. : Claude Allègre ne propose pas de solutions irréalistes comme l’augmentation drastique des droits d’inscription qui n’est pas praticable dans un pays comme la France. Il faut que nos universités soient plus libres dans leur gestion, leur organisation, leur pédagogie, leur stratégie. Il faut pour cela un vrai patron aux universités, avec un salaire à la hauteur et un rôle qui n’en fasse pas l’otage de certains groupes de pression : il ne doit pas être le représentant des seuls professeurs, mais aussi celui du monde de la recherche, de l’économie…

C. A. : Du monde politique, syndical aussi ! L’université n’est pas la propriété des professeurs, il faut une citoyenneté dans l’université. Et de la diversité : avec les universités nouvelles, j’ai voulu en créer, mais, ultérieurement, l’égalitarisme français a ressurgi et a tout uniformisé.

F. F. : Je trouvais votre projet très intéressant. En 1993, j’ai aussi joué la carte de l’expérimentation, mais le Conseil constitutionnel m’a censuré.

C. A. : La diversité doit être partout. Les professeurs n’ont pas à avoir le même nombre d’heures de cours, le même salaire, selon la discipline qu’ils enseignent. Et sortons du débat théologique entre partisans d’ un enseignement entièrement consacré à la culture générale d’un côté, à la professionnalisation de l’autre : il faut les deux, tout simplement.

Comment moderniser le parcours des étudiants ?

 

F. F. : Les lycéens doivent avoir la possibilité d’effectuer un choix plus serein. En janvier, un élève de terminale dirait son choix et serait informé des possibilités professionnelles de la filière qu’il vise. Il recevrait aussi une formation personnelle l’aidant à s’orienter vers ce parcours. L’autre idée _ Claude Allègre l’a proposée _ c’est de rendre la première année universitaire plus générale qu’aujourd’hui. Il est impossible de revenir sur le bac comme clef d’entrée à l’université, c’est un « monument » de la culture française. Mais il faut organiser la première année universitaire autrement, pour que l’orientation se décide à la fin et non au début de cette année-là.

C. A. : Cela s’appelle casser les « tuyaux d’orgue » : aujourd’hui, en lettres, vous devez choisir une discipline très étroite et vous ne pouvez plus la quitter ! Nous devons aussi répondre à la démotivation des élèves. D’où la nécessité d’éviter une spécialisation précoce. L’université française pourrait rapidement être remise sur les rails car elle a de vrais atouts. Mais elle peut aussi chuter. Nous sommes à la croisée des chemins.

F. F. : Parvenir à un pacte de non agression droite-gauche sur un sujet que tout le monde dit prioritaire, ce serait très important. Car tout changement, même en douceur, suscitera des réactions.

C. A. : Je suis d’accord. J’ai lu le livre de François Fillon (La France peut supporter la vérité, Albin Michel) avec beaucoup d’intérêt. Sa réforme des retraites est courageuse, même si elle n’est qu’une étape. J’approuve notamment sa volonté d’assurer aux ministres une pérennité.

F. F. : La France a compté 26 gouvernements depuis 1978, l’Allemagne 9, la Grande-Bretagne 7. Cette instabilité explique le manque de confiance global et, en particulier, celui des syndicats. Ces derniers ne peuvent pas se comporter de manière responsable avec des gouvernements qui, à la première occasion, lâchent ceux d’entre eux qui acceptent de négocier, les plaçant ainsi dans des situations impossibles face à leurs troupes. Cela dit, je ne suis pas centriste et je ne crois pas au consensus dans tous les domaines, mais sortons de la guerre civile.

C. A. : Le consensus existe sur l’analyse d’un certain nombre de sujets, et l’apaisement de notre démocratie serait salutaire sans pour autant confondre la droite et la gauche.

F. F. : Si sur un sujet crucial comme l’enseignement supérieur, où nous voulons éviter de sacrifier des générations, nous parvenons à un accord, alors nous ferons évoluer les mœurs politiques.

C. A. : L’un et l’autre avons montré que nous pouvions réformer. J’ai fait la loi sur l’innovation, la professionnalisation des cursus, la contractualisation avec les universités, la déconcentration du mouvement professeurs du secondaire et, bien sûr, le LMD [licence master doctorat].

F. F. : Cette dernière réforme était remarquable.

C. A. : Celle des retraites était courageuse !

F. F. : Dans l’évolution institutionnelle que je préconise, il faut aussi que le président s’engage sur les réformes plutôt que de rester en retrait pour ne pas subir l’impopularité de certaines mesures.

C. A. : Entre nous, celui qui a tué les institutions de la Ve République, c’est Mitterrand avec la cohabitation…

F. F. : Et la droite, en acceptant d’aller gouverner avec lui !

Comment moderniser aussi le dialogue avec les syndicats ?

 

F. F. : On a besoin de syndicats forts, ce qui passe par des élections de représentativité

 

C. A. : Le dialogue social n’existe plus quand on déclenche une grève immédiatement, pour obtenir plus, comme le font les syndicats de fonctionnaires ; leur poids est trop important au sein des confédérations par rapport aux syndicats du privé : c’est donc là qu’il faut faire un effort de syndicalisation pour restaurer le dialogue social.

F. F. : On en revient à la nécessité pour les ministres de durer, ce qui renforcera leur crédibilité et leur autorité face aux syndicats. l Propos recueillis par Corinne Lhaïk et Eric Mandonnet

 

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